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| | Hutte de Quivira - Je suis venu te dire que je m'en vais | |
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| Auteur | Message |
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Quivira Admin

Messages: 94 Date d'inscription: 17/09/2011
 | Sujet: Re: Hutte de Quivira - Je suis venu te dire que je m'en vais Mar 4 Oct - 21:17 | |
| - Quivira -  * Il sourit au compliment, et lui répond par le geste, en l'invitant à prendre place sur la natte. En d'autres circonstances peut être, l'intimité de la situation l'aurait peut être poussé à insister son invitation, mais quelque chose chez Lessa lui inspirait confiance et familiarité. Il la laisse donc s'installer et s'allonge à ses côtés, lui offrant une longue couverture tressée pour se garder de la fraîcheur de la nuit, tandis qu'il utilisera lui même une autre large pièce de tissu.Hé bien Lessa, je te souhaite une agréable nuit, et que les dieux veillent sur tes rêves .Il se tourne vers la jaguare.A toi aussi Aska... Et s'il te plaît, ne me mange pas dans mon sommeil .Il ne pouvait s'empêcher de s'amuser un peu de cette situation incongrue, et s'endort avec l'agréable pensée que peut être, l'une et l'autre prolongeraient leur séjour dans la hutte, pour quelques jours, une semaine, et pourquoi pas pour plus longtemps ? La famille n'est-elle pas le rêve absolu de celui qui a grandit sans ses parents ? |
|  | | Quivira Admin

Messages: 94 Date d'inscription: 17/09/2011
 | Sujet: Re: Hutte de Quivira - Je suis venu te dire que je m'en vais Mer 5 Oct - 7:46 | |
| - Lessa -  * La pretresse s'allonge, esquissant un sourire à la question de Quivira a Aska. Celle-ci en réponse dressent un peu plus ses oreilles pour l'écouter. - Ne craint rien même si elle apprécie la viande humaine elle ne s'en prendra jamais a toi. Sur ces paroles, Lessa ferme les yeux. Sa main venant se poser sur le flanc de Quivira. Le sommeil n'est pas long a venir pour a femme épuisée. |
|  | | Quivira Admin

Messages: 94 Date d'inscription: 17/09/2011
 | Sujet: Re: Hutte de Quivira - Je suis venu te dire que je m'en vais Mar 11 Oct - 7:28 | |
| - Quivira -  * Il sent l’étreinte maternelle de Lessa, mais ne s’en défait pas. Plongeant à son tour dans un sommeil profond, bercé par la respiration du félin, il ne tarde pas à retourner sur les traces de son tout récent rêve. Les rires enfantins sont de retour, et la lumière perce toujours à travers l'entrée de la petite chambre. Il est de nouveau drapé de blanc, tandis que Lessa - toujours allongée à ses cotés - est maintenant vêtue d'atours magnifiques faits de plumes exotiques et de bijoux somptueux. Aska également a de nouveau troqué sa noirceur d'obsidienne pour un blanc éclatant, et Rootsman est réapparu, caressant tendrement l'animal qui ne se fait pas prier.
Au premier regard qu'il lui lance, le coeur de Quivira s'emballe en un rythme insensé. Jamais dans la vie du jeune homme, il n'avait éprouvé de sentiments aussi intenses pour l'un des membres des deux sexes. Pas plus n'avait-il éprouvé autre chose qu'une fière amitié pour le calpullec, avant cette rencontre onirique. Cet embrasement soudain ne fait donc aucun sens, comme la passion n'en fait rarement d'ailleurs, et l'ancien esclave - se glissant hors de l'étreinte du sommeil - s'approche lentement de l'objet de son désir. Rootsman laisse alors la jaguare retourner à son repos, et guide son amant vers la terrasse chérie.
Quivira est subjugué par sa beauté, et le contact de sa peau contre la sienne enflamme son corps. L'intensité délirante de cet amour se diffuse à travers chacun de ses membres comme un venin mortel. Il s'abandonne complètement à lui. Le calpullec ne dit mot. Il se retourne face à lui, et comme il le faisait avec l'animal, commence à caresser les cheveux de son soupirant revenus à toute leur longueur. Quand soudain, sans un mot, il saisit la crinière et d'un coup de griffes invisibles la tranche en un coup sec. La chevelure ainsi libérée disparaît dans les airs en autant de petites flammes noires, et Quivira recule aussitôt sous l'effet de la surprise. Ses cheveux ont retrouvé leur nouvelle coupe fraîche, mais le charme s'est rompu instantanément. Il observe alors son compagnon sans comprendre ce qu'il vient de se passer. Mais le visage de Rootsman lui n'affiche aucune stupéfaction. Au contraire, un sourire fin - presque machiavélique - éclaire alors son visage, tandis qu'il regarde à travers le petit miroir d'obsidienne qui vient d'apparaître autour de son cou. Quivira se penche à son tour, et y retrouve le reflet fantôme qui l'a hanté quelques minutes auparavant. Mais l'apparition se trouble tout d'un coup pour laisser voir un autre reflet, plus vibrant encore que le premier. Celui de Quivira, en haut des marches d'un temple, le visage recouvert de noir. Il s'agenouille, saisit une lame sacrificielle, et la plonge dans son torse, arrachant son propre coeur encore battant.
Le calpullec laisse échapper un rire sournois et victorieux, tandis que l'ancien esclave est saisi par l'effroi à la vue de ce spectacle. Et tandis qu'il recule pas à pas, le décor autour de lui se met à disparaître. Le lac, instantanément, se vide de ses eaux, ne laissant que mort et désolation derrière lui. Herbes, fleurs, arbres... tout se fane et dépérit. La hutte tombe en cendre, tandis qu'une violente tornade éloigne Lessa et Aska hors de vue. Le soleil lui-même se met à saigner et à fondre, avant de s'abattre sur la terre en une pluie de détritus. Rootsman n'est plus. Une bête hideuse et terrifiante a pris sa place. Un monstre gigantesque, un homme-jaguar noir comme la nuit, fait maintenant face à Quivira. L'apparition est terrifiante. Armée de la tête aux pieds, elle est prête à bondir sur sa proie. Mais notre homme une nouvelle fois ne se laissera pas vaincre sans un combat. Il se jette en arrière en direction de son ancienne chambre, saisit la lame d'obsidienne qu'il y avait abandonné, et défit soudainement la bête prête à le dévorer.Je ne te crains pas... Tu m'entends ?... JE NE TE CRAINS PAS !!!Le monstre saute, gueule ouverte, et tout est fini... Quivira se retrouve de nouveau sur la terrasse. Ses vieux habits sont de retour. La hutte, le lac, Lessa endormie dans la chambre... tout est là. Mais il n'a pas quitté le rêve, et il le sait. Face à lui, son assaillant le toise avec un sourire satisfait. Il a de nouveau pris l'apparence de Rootsman, mais son accoutrement trahis maintenant une autre identité. La couronne de plumes de caille qui encadre sa chevelure. Les bandes jaunes et noires qui maquillent ses yeux et sa bouche. Le miroir d'obsidienne de nouveau accroché autour de son coup. Comment Quivira ne pourrait-il pas reconnaître Tezcatlipoca, le dieu de la nuit, de la sorcellerie, de la discorde et de la tentation... le dieu des esclaves. Est-ce vraiment le teotl ou un simple usurpateur ? Il ne le sait, et dans le doute, se refuse à s'incliner devant le divin.Qui es-tu, et que me veux-tu ? lui lance-t-il sans autre forme de politesse.
La vision ne répond pas, mais se contente de lui sourire à nouveau, non plus avec la méchanceté et la vilenie de la bête, mais avec la bonté et la bienveillance de l'amant. Quivira est désarçonné. Son coeur se contracte à nouveau. Et un écho improbable lui renvoie ses propres paroles.quI ES-tu, eT QUe me veUX-Tu ? Quivira tout d'abord ne comprends pas. Mais le sourire insistant de son associé réveille sa réflection. La question vient-elle de lui être renvoyée ? Il tente donc de répondre à l'étranger.Je suis Quivira, et je ne sais ce que je te veux.Toujours aucune réponse, mais une brise se lève soudainement, et rabat de nouveau l'écho de ses paroles. Un écho bien plus étrange que le premier. je sAIS quiVIRa, et JE Suis CE Que tU VEux.Le coeur de l'esclave bondit en entendant ses paroles. ll ne résiste pas au désir d'avancer de nouveau vers l'homme, d'approcher une main de sa peau, de le toucher pour voir s'il existe vraiment. Mais la chaleur intense qui émane de son corps lui fait abandonner le projet, et Quivira s'agenouille immédiatement devant lui. Confus, perdu, il ne sait plus quoi penser. Mais comme un serpent creusant son chemin à travers son esprit, les idées s'acheminent à lui peu à peu. La soudaine présence de Lessa, ici en pleine nuit. L'étrange reflet de l'obsidienne l'incitant à changer de vie. Et ce rêve, ce rêve plus fort que la nature. Est-ce là le fait de l'invisible ? Est-il entrain de guider sa destinée ? Il ose une dernière fois s'adresser à la divine présence.Pourquoi ?Mais le divin à nouveau se contente de lui sourire, et l'écho semble l'inciter à trouver lui-même la réponse.pouRQUoi ?Le dieu jaguar s'approche alors enfin de l'homme, le regardant comme le créateur regarde sa création, et pose soudainement sa main sur la poitrine de Quivra. Son coeur rayonne, et le rêve s'efface aussitôt en un dernier écho. a biENTôt peTIT homME... a biENTôt.Quivira se réveille enfin pour de bon. Il est toujours sur la terrasse, mais l'apparition a disparru. Lessa et Aska dorment encore dans la petite chambre. Il n'ose les réveiller. Alors sans faire de bruit, il range les restes de la nuit, redonne à sa hutte son apparence première, et laisse une note à la prêtresse, l'invitant à rester ici aussi longtemps qu'elle souhaite. Il ajoute qu'il la retrouvera plus tard au temple, pose une pierre sur le mot pour éviter qu'il ne s'envole, et quitte la hutte alors que le soleil commence à se lever. |
|  | | Quivira Admin

Messages: 94 Date d'inscription: 17/09/2011
 | Sujet: Re: Hutte de Quivira - Je suis venu te dire que je m'en vais Sam 15 Oct - 19:24 | |
| - Quivira -  *          Je suis venu te dire que je m'en vais
Quivira venait de passer quelques jours de méditation et d'étude au Grand Temple de Cuautochco, et reprenait maintenant la route d'Ahuilizapan, le coeur enjoué à l'idée de retrouver les plaisirs de sa hutte. Mais arrivé à quelques pas de l'entrée du clan, il apperçut au loin la route qui menait à Tototlan, cette même route qu'il avait emprûnté quelques mois auparavant, fuyant les souvenirs de sa vie passée d'esclave.
La réminescence de sa discussion avec Lessa se réveilla soudain dans son esprits, et sans vraiment y réfléchir il s'était tout d'un coup retrouvé sur le chemin de son clan de naissance. Il ne voulait y passer que quelques jours, histoire d'y raviver un peu sa mémoire. Il savait comme beaucoup de cuautochtèques que le clan était livré peu à peu à l'abandon, qu'il n'y avait rien à y trouver si ce n'est solitude et désolation. Mais tandis qu'il parcourrait les ruelles désertes du village dépeuplé, reconnaissant ici l'entrée d'une hutte, là un chemin qu'il a parcourut enfant, une vérité aussi cruelle qu'insidueuse apparut soudain à son esprit.
Quivira aimait Ahuilizapan. Il aimait de tout son coeur ce clan qui lui avait permit de recommencer une nouvelle vie, de guérir toutes les blessures du passé. La vie aux bords du lac apportait chaque jour son lot de joies et de délices. Il y avait trouvé sa première propriété, le seul endroit où il pouvait enfin se sentir chez lui. Son coeur battait pour Ahuili... mais le sang que ce coeur pompait était tototlanèque.
Il n'avait pas eu que des souvenirs heureux dans ce clan de naissance. La vie à Tototlan était une dure existence de labeur et de survie... rien qui ne puisse être comparé aux plaisirs d'Ahuilizapan. Mais tandis qu'il retourne à son clan chéri, Quivira sait que le destin l'appelle à nouveau. Cette vie de jouissance était la plus douce et la plus tendre parenthèse qu'il ait eu le bonheur d'expérimenter, mais son devoir est auprès de Tototlan. Il ne peut plus continuer à l'ignorer.
Alors qu'il arrive ce jour-là à la porte de sa hutte, il se rend compte que Lessa n'y est plus. Il prépare donc seul ses affaires pour un nouveau départ. Qu'adviendra-t-il de cette bâtisse ? Il ne le sait. Peut être que Tototlan n'a encore que quelques mois à vivre. Il sera alors ravi de pouvoir y revivre à nouveau. Mais pour le moment il est temps de faire ses adieux. Ses quelques effets sont accrochés au dos d'un lama loué pour l'occasion. Il retourne sur la terrasse une dernière fois et ferme les yeux. Il tente d'inscrire le bruit des vagues, le parfum de l'eau, au plus profond de sa mémoire.
Un dernier coup d'oeil en direction de sa hutte, et il part, sans se retourner.
Adieu Ahuilizapan. Je ne t'oublierais jamais.          |
|  | | Quivira Admin

Messages: 94 Date d'inscription: 17/09/2011
 | Sujet: Re: Hutte de Quivira - Je suis venu te dire que je m'en vais Mer 2 Nov - 8:02 | |
| - Quivira -  * Lorsqu'il revint ce jour là sur le site de sa hutte, Quivira eut l'impression étrange que rien n'avait vraiment changé. Bien sûr, la batisse était complètement vide, et la poussière avait remplacé les éclats de vie qui animaient cette cali. L'homme n'était là que pour une nuit seulement, accompagnant à Zoquiapan le jeune élève tlaxcaltèque dont il avait désormais la charge. Mais il savait que revenir à Ahuilizapan, et plus particulièrement ici, au bord du lac, réveillerait quelque chose en lui de très mélancolique.
Comme pour la toute première fois où il posa son bagage au clan du phaéton, il s'apprêtait à venir camper ici, à l'abri des murs de cette jolie architecture. Mais il ne s'agissait plus d'une ruine anonyme désormais. Il s'agissait de sa propre hutte, abritant encore les souvenirs de sa douce vie ahuilizapatèque. Il pourrait céder à la tristesse, mais il n'en serait rien. Quivira n'avait rien à regretter du choix qu'il avait fait. A force de travail et d'espoir, Tototlan était enfin sur la voie de la renaissance. Un miracle, comme une fleur printanière venant percer à travers les neiges de l'hiver.
Mais pour une nuit seulement, il allait enfin se replonger dans les délices d'Ahuilizapan. Humant l'air depuis la hauteur de sa terrasse chérie, il invita son petit protégé à s'approcher. Alors jeune Nukak... Comme tu le vois, ma situation ici était un peu différente de celle Tototlan où je dors encore chez Geios n'est ce pas ! |
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